
En parallèle de l’aventure Bérurière, François continuera divers petits boulots jusqu’en 1989. Après Bérurier Noir, il crée le label Division Nada en 1990 (qui produira des groupes comme Neurones en Folie, Sourire Kabyle, Banlieue Rouge...). Il forme ensuite le groupe Molodoï (avec Pascal Kung Fu) qui connaîtra un bon succès jusqu’en 1997 avec 4 albums. On le retrouve en 2001 en projet solo (accompagné d’anciens membres de Banlieue Rouge) sous le nom de François Béru et les Anges Déchus et sort l’album "Carnet de déroute". En 2003 il reprend du service au sein de Bérurier Noir, tout en continuant à se préparer au métier de chercheur qu’il exerce actuellement.
"Je n’ai pas de régime politique à défendre, je vois des choses qui se passent dans le monde. Il y en a beaucoup qui nous déplaisent et on en parle. On veut pas savoir si tel ou tel régime a telle ou telle idéologie, nous on s’en fout, si ça nous plait pas, on en parle."
Fils de...
La mort au choix/Lobotomie

Les Béruriers se sont formés en 1978 à l’instigation d’Olaf Freud. C’était un groupe de banlieue classique, avec guitare, basse et batterie, très chaotique et qui splitta assez rapidement. Vers 1980, les nouveaux Béruriers étaient composés d’une boîte à rythmes (la célèbre Dédé), deux guitaristes (Olaf Le-Grand-Dit-Le-Penseur alias Dieu et Pierrot Le Fou) et moi au chant. On a donné un certain nombre de concerts exclusivement dans les squatts, à Ris-Orangis, rue Vilin, aux Cascades. Personne ne comprenait, on avait des bananes mais on ne jouait pas une musique de bananeux. Notre musique était lente, lourde, dépressive, proche du coma éthylique. L’un d’entre nous, Pierrot, a fini en désintox à cause de l’alcool après plusieurs tentatives de suicide, une désertion et un séjour dans un H.P. C’est Loran qui a pris sa place à la guitare. Quand Olaf nous a envoyé sa lettre de démission par - 20°, d’Allemagne, à l’armée, en décembre 82, nous n’étions plus que deux. On a tenu à donner un concert d’adieux, et comme l’événement se plaçait sous le signe du deuil, on s’est appelés : BÉRURIER NOIR
« On va faire un groupe très fort, ça va être bien fou , bien punk. A tout casser. On va être des hurleurs de première. Y faudrait que ce soit crade, dingo et bien méchant. »
Olaf et Barthérifiant jettent un coup d’œil dans la piaule d’Olaf.
« Comment on va s’appeler ? Problème. No problems. Zéro pour la question. Bravo docteur Béru. Berceuse pour Bérurier. Bérurier au sérail. Votez Bérurier ! A voté ! »

Ainsi les Béruriers sont formés, à coups de Punk et de clichés. Ach ! Les Béruriers ! Le groupe mythique le plus injustement méconnu de France et de Navarre. Imaginez donc le cliché : 1978, la banlieue pérave, une raïa de traîne-savates bourrés 24 heures sur 24, tous jeunes Punks / Loubards... Des répétitions dans une cave, rythmées à coups de rangeos, canettes, nunchaku et virées au troquet du coin. Puis 2 ans de zone plus ou moins foireuse (squatts, armée, bastons, fric, suicide, intox, alcools, etc.), 2.000 changements de noms (Béruriers Rebels, B. Army (pompé sur la Sham Army), B. Moines, B. Viandox, B. Botzaris, B. UTDM, B. Fighters, B. Vainqueurs 1984 !, Torture Mentale, Les Miradors, Les Dents Jaunes, Les Barres De Fer, Poli-Mili, Les Casques Allemands, Beethoven Group - j’en passe et des meilleurs), d’optique musicale (Punk primaire 78-79, Industriel Stalinien, Rock’n’roll bidon, Punk-Rock, Skunk Army, etc.) et de personnel.

En quelques concerts, rares mais toujours remarqués, les Béruriers devenaient un véritable mythe. Il est vrai que le nom circulait de bouche à oreille, de goulot en goulot, depuis des années, appuyé par une propagande enragée. Tracts, organe de presse UTDM : Foulard Noir.
Tout ça pour aboutir à un groupe carrément neuf, BÉRURIER NOIR.
DISCOGRAPHIE
"Cascades 82" K7 live (V.I.S.A. - 1983)
Lieutenants du désordre
Après la fin de Bérurier Noir en 1989, François rencontre deux frères originaire de Dijon, Nanouche et Spirou avec qui, il va fonder Molodoï en 1990. Le nom du groupe est tiré de l’argot du film culte de Stanley Kubrick "Orange Mécanique" et signifie Jeunesse.
Sur ce trio chant/guitare/basse, soutenu par une boite à rythmes, vient s’ajouter Pascal Kung-Fou au saxo (qui avait déjà parcouru un bout de chemin avec Bérurier Noir) qui participe déjà à 3 titres sur le 1er album "Irrécupérables".

La maison New Rose (qui hébergeait Division Nada) étant rachetée par Fnac Music en 1993, Molodoï prend la décision (très controversée à l’époque) de rejoindre le label In Fact ! chez Sony. Leur dernier album Tango Massai (1995) restera celui à la production la plus élaborée grâce notamment au travail de David Ruffy, ex-batteur des Ruts et avec la participation au clavier de Seamus, de Madness. Un vidéo-clip viendra illustrer le single Ame Errante, réalisé par Jean-Michel Bensoussan.
Molodoï splitte fin 1996.
L’album posthume Rebelle Anonyme sorti en 1999, regroupe une sélection de titres de leur discographie et quelques inédits ou raretés.
DISCOGRAPHIE
"Irrécupérables" CD/LP/K7 (Division Nada - 1990)
"En avant !" CD/LP/K7 (Division Nada - 1991)
"Dragon Libre" CD/K7 (Division Nada - 1991)
"Royaume de Jeunesse" CD (Sony - 1992)
"On est là" CD live (Sony - 1993)
"Tango Massai" CD (Sony - 1995)
"Rebelle Anonyme" CD (LastCall - 1999)
Où est la France ?
C’est quelque part entre Paris et Montréal que sont nés les premiers accords de ce projet transatlantique. Il n’était certes pas très évident d’associer un interprète-parolier vivant aux pieds des tours du Chinatown parisien, à un guitariste-compositeur originaire d’une île-métropole du Saint-Laurent à Québec (Sylvain, ex Banlieue Rouge). En feuillettant CARNET DE DEROUTE, l’unique album du groupe, on retrouve l’esprit d’un rock français, redynamisé çà et là par des sonorités américaines, grenaillé de mots frappeurs, d’une fougue maîtrisée mais toujours grondante. Les textes osent à la fois l’improbable harmonie du " carnet de route " du mercenaire, les clichés photographiques du globbe-trotter et la plume engagée du poète. Des rues chaudes de Montréal aux lavis des campagnes françaises, et beaucoup de paysages, de visages et d’émotions d’Asie, François a rapporté de ses nombreux voyages des tas de clichés chocs, à l’opposé des images idylliques que nous proposent les brochures touristiques.

DISCOGRAPHIE
"Carnet de déroute" CD (LastCall - 2002)
Chant, textes, graphismes.
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