
Loran + François : guitare, chants, chœurs
Dédé : boîte à rythme
Masto : saxophone
Remerciements :
Olivier Skol, son pote et Zézé ; Olive Boy, Olaf, Vanzo, Le Rouquin et Tonton Alain. Bises à Alice & Agnès. A tous, salutations bérurières.
Textes, musiques et création pochette : Bérurier Noir sauf “Frères d’Armes”, textes extraits des “Aventures d’Al Crane”, Lauzier/Alexis, Dargaud Editeur, 1977.

Loran : « Après il y a eu le Macadam Massacre, notre premier album, un disque d’émotions, enregistré en décembre 83. On peut préciser pour les « Béruromanes » que Macadam Massacre a été tiré en quatre éditions successives avec à chaque fois une couleur de pochette différente et deux posters avec les textes dedans ».
François : « On soignait toujours le côté graphique du groupe, toujours par une propagande sous forme de tracts, affichettes de concerts, dossiers de presse, notamment le Bérurier Dossier Noir, tiré à 20 exemplaires seulement en mai 83 ».

Loran : « Nous concevions aussi la construction d’un 33 tours comme un film où chaque morceau représente un bout de ce film, un bout de l’histoire. Notre vidéo Macadam Massacre a été faite dans cet esprit-là, nous avons mis en scène notre scénario avec nos potes d’Art Béton qui ont tourné le film en super-8. On se foutait de faire une vidéo style « pub commerciale », c’était pas ça le but mais plutôt d’être les réels acteurs de notre propre film, gonflé en vidéo pour la télé par la suite. Nous avons aussi participé à un court-métrage, Quartier Sauvage, de Jean-Michel Roux, où l’on peut nous voir gesticuler pendant 10 secondes ! »
François : « Déjà sur Macadam Massacre, derrière le dessin de Laul sur le verso de la pochette, on pouvait voir la croix BN, sigle fétiche du groupe. Cette croix qui représente toujours pour nous la négation, la rature, le X des produits dangereux et inflammables. Et déjà les zines s’emparaient de nous pour nous disséquer : « Ils se veulent démonstratifs, abordent tous les thèmes, de l’alcoolisme au romantisme fanatique de Mishima ».

« Toujours très attendus, les Béruriers ont un jeu de scène très théâtral, beaucoup de déguisements bêtes et méchants. Ce sont des monstres qui racontent leurs méfaits. Mais hélas pour toi les Béruriers sont les rois. Et ils le resteront longtemps ».
« Ce morceau s’appelle Macadam Massacre. C’est l’histoire d’un GI qui revient de la guerre du Viêtnam ! Cet homme est fou ! Sommes-nous en danger ? »
Macadam Massacre
Baloum boua leum bébé/Baloum boua leum bab’/Baloum/Baloum boua leum bébé/Baloum boua leum bab’/Baloum/Hum ba ba baloum yeah/Ouah ba baloum yeah/Baloum/Hum ba ba baloum yeah/Hum ba baloum yeah/Baloum/Baloum boua/Baloum boua yeah/Baloum boua/Baloum boua !

Baston
Les flics bastonnent bien trop/Dans leurs cars, dans le métro/Matracage, serviettes mouillées/Car tu es basané/Tant qu’il y aura des prisons/Les kids se batt’ront/Tant qu’il y aura des prisons/Y’aura des bastons/Ils nous arrêtent pour rien/Pour des tiags ou un cuir noir/Parce que tu traînes le soir/T’as des coups dans les reins/Faut pas que les flics s’étonnent/De se faire casser la tête/C’est normal quand ils nous cognent/Qu’on éprouve de la haine/Quand je vais dans une manif/Ils envoient leurs CRS/Comme pour un état de siège/Alors il y en a qui tirent/Dans cette sale cité pourrie/Dans cette société de fric/Je n’ai pas besoin d’un flic/Pour m’apprendre à vivre !/Baston, baston... !
Elsa, je t’Aime
Je t’aime - Elsa/Je t’aime - Elsa/Je t’aime - Elsa/Je t’aime - Elsa/Tu es belle - Comme l’amour/Tu es belle - Comme le jour/Tu es belle - Comme toujours/Tu es douce - Comme la mort/Tu es douce - Donne moi ton corps/Tu es douce - J’en veux encore/Mais tu es morte - Je t’ai tué/Mais tu es morte - Pour te garder/Mais tu es morte - Peux-tu m’oublier ?/Je t’aime !
Chromosome Y
Meurtre ! 1 - 2 - 3 - 4 !/Aux mains de l’État/La force s’appelle droit/Aux mains de l’individu/Elle se nomme crime/Oh chromosome Y.../Maman suis-je un tueur ? - Branleur !/Dans le sang, le bonheur - Malheur !/Est-ce que tu en as peur ? - J’ai peur !/Et je tuerais ma sœur - Ta sœur !/Épargne mon cœur - Branleur !/À quand le malheur ? - Tricheur !/Traîne dans le secteur - Branleur !/L’assassin se meurt - Je pleure !/Le couteau plein de sang/Assassine un enfant/Et le soir mourant/L’assassin a peur - Terreur !/Condamné à mort/Et condamné à tort/Le bourreau est content/Et l’assassin en pleurs - Chialeur !/À la chaise électrique/Ou à la guillotine/Par un matin sordide/L’assassin qui sourit/Le sang du meurtrier/A coulé jusqu’aux pieds/De la foule dégoûtée/Du bourreau satisfait/Aux mains de l’État/La force s’appelle droit/Aux mains de l’individu/Elle se nomme crime/Oh chromosome Y - Meurtre !/Oh chromosome Y - Le meurtre...
La Nuit Noire
Il poignarde sa compagne/Et s’endort paisiblement/Tandis que ses chiens la dévorent/Tandis que ses chiens la dévorent/C’était la nuit noire, c’était la nuit noire/La nuit noire, série noire/La nuit noire, la nuit noire !!
Johnny revient de la Guerre
(instrumental)
Frères d’armes !
Vous savez c’que ça m’rappelle Lieutenant ?/La bataille de Pigstown... chaude affaire./Huit jours à patauger dans l’sang des camarades./Plus de trois cents morts rien que dans mon régiment./Mon meilleur ami, le capitaine Bluebitt/A eu les deux yeux arrachés par une balle./Mon adjoint le Sergent Malbaret/A agonisé trois jours à mes côtés./Les deux jambes coupées net par un éclat d’obus./Souvenirs, souvenirs.../Notre colonel a eu le ventre ouvert par un éclat./Il a commandé la charge les tripes à l’air./Son ordonnance les lui portait dans une bassine./De temps en temps... Ah, ah.../Le brave garçon en laissait tomber un bout sur le sol./Et le vieux... Ah, ah...
lui passait un d’ces savons./Quelles journées, les vôtres avaient un allant, une ardeur.../Je me souviens de l’un de vos porte-drapeaux.../Impossible de lui arracher son drapeau./On lui a fait sauter les deux mains à coups d’sabre./Eh bien, le bougre a croché dans la hampe avec les dents./Rien à faire pour qu’il lâche prise./Je le revois encore les dents serrées sur son drapeau/Comme un chien sur un bout d’bois./On avait beau tirer, va t’faire fiche !/Le brave petit gars.../Vous savez c’que ça m’rappelle Lieut’nant ?/Souvenirs, souvenirs.../Frères d’armes !
J’ai Peur
Ces rues froides/La nuit noire/Dans mes yeux/Cette banlieue/Vide et grise/Qui arrive/Me dévore/Carnivore/J’en ai peur !/J’en ai peur !/Ces humains/Qui ont faim/De mon sang/De mon temps/Ils me guettent/Ils me jettent/Dans le gouffre/Ils me bouffent/Ces objets/Qui sont faits/Pour me prendre/Qui se tendent/Quand j’arrive/Quand je viens/Ils ont faim/Tout ce monde/Qui me sonde/M’écartèle/Me ficelle/M’atrophie/Me réduit/J’en ai peur !/J’en ai peur !
Manifeste
Je hais mon pays et je hais la France/Je hais la patrie et je hais les gens/Je n’suis qu’un survivant de l’armée rouge, soldat/Ne crois plus comme avant et suicide toi/Je hais le pouvoir et je hais les ordres/Je hais les lois et je hais la force/Je n’suis qu’un survivant de l’armée noire, soldat/Ne crois plus comme avant et suicide toi/Je hais l’armée et je hais la guerre/Je hais les curés et je hais haine/Oh je hais les armes et je hais les larmes/Je hais les jouets et je hais les bombes/Je n’suis qu’un survivant de l’armée bleue, soldat/Ne crois plus comme avant et suicide toi/Socialisme soviétique/Cataclysme militariste/Alternative réussite/En République l’anarchie...
Noir les horreurs
Je vis dans la mort, massacre de porcs/Je vis dans la guerre, je n’aime pas mon père/Je vis dans l’suicide, le monde est une ruine/Je mange de la viande, le monde est violent/Je vis dans la peur, le noir, les horreurs/Je ne sais pas vivre et je saute dans le vide/Je n’connais pas l’amour car le monde est trop lourd/Je suis mal dans ma peau car le monde n’est pas beau/Je suis mal dans la vie car le monde est tuerie/Et je pense aux massacres que personne ne condamne/Et je pense à la mort que tout le monde ignore/J’ai les testicules froids et ma tête est une boîte/Regarde mes excréments, la course aux armements/Je suis bisexuel, le monde est cruel/Par le bien et le mal, le monde est brutal/Et j’encule la France, esprit de vengeance/J’ai des désirs morbides et j’aime les crimes/Dans un fait divers, un type mange sa merde/Ma conscience est hantée de fillettes brûlées/Je m’adresse à tous : « Vous n’êtes que des chiens mous ! »/Il faut vous réveiller ou bien continuer/A vous massacrer avec brutalité/
Et avec lâcheté, je me suis masturbé/Nous sommes égoïstes et bientôt fascistes/Dans ce monde purulent, c’est l’échec permanent.