Le nouvel et ultime album de Bérurier Noir propose 12 histoires inédites, dans un beau digipack illustré "comme un livre" par Loubet-Loubet. Mélange d’espoir désabusé, de spontanéité enfantine et d’une sincérité toujours enragée, cette galette reste fortement influencée par les parcours personnels de chacun des membres du groupe durant ces 15 années d’invisibilité...
À l’automne 2003, dans l’enthousiasme de la création du DVD Même pas mort, Bérurier Noir décide de prolonger ses retrouvailles par quelques concerts événements, quatorze ans après leur dernière apparition en novembre 1989. Cette "déformation bérurière", dénommée comme telle par le groupe, débute par un concert mémorable célébrant les 25 ans des Transmusicales de Rennes et est suivi par une gigantesque Fiesta Bérurière à Québec, puis dans les festivals de Dour et d’Astropolis à Brest et quelques apparitions surprises à Paris ou Lillers. Le groupe se prend au jeu et compose dans la foulée des répétitions une vingtaine de chansons inédites. C’est armé d’une douzaine de ces nouveaux titres que le nouvel album Invisible de Bérurier Noir paraîtra le 4 décembre 2006 en France. Enregistré « à l’arrache » quai de la Gare(Paris), Q.G. historique de Bérurier Noir à l’époque où les studios se trouvaient encore dans les anciens frigos, Invisible s’inscrit dans la lignée de la discographie du groupe. La rage intacte, le renard retrouve avec cet album ses terrains de chasse dans une société où la fracture sociale s’amplifie et se globalise à l’échelle planétaire. Bérurier Noir déformé, reformé, réformé, transformé... Qu’en est-il aujourd’hui ? C’est l’apanage des fantômes de disparaître quand on les attend pour mieux réapparaître quand on n’y croît plus !
Textes, musique et production : Bérurier Noir et Folklore de la Zone Mondiale.
Loran : hurlements, boite à rythmes et guitare.
François : chants, monocorde et textes.
Masto : saxo, didjeridoo et cris du coeur.
Junior Cony : samples et bruitages.
Artwork : Loubet Loubet.
Interventions musicales : Barbara Barbirooza sur "Love in Laos" et "On en a marre", Nga et Vinh Son sur "La fille du Delta", Nilos Ethnopaire sur "Le cerf, le druide et le loup" et "la piste inconnue".
La chorale Bérurière Dr Justice, les frères Berger, Kristina, Hugo Missiz Katie, Bob le homard, Elfi, Anki, Cassandre, Sylvie, Spider lolo, Tote le teton, Panzer Fanx, Jean Mi.
Le cerf, le druide et le loup
Nous nous sommes rencontrés Un soir de février Le loup, le cerf, le lynx L’aigle, l’ours et le druide En cette époque magique Il n’y avait pas de haine La vallée des amis Respirait à merveille Nous vivions tous ensemble Aidés par les lutins Le feu, la neige qui tremblent Etaient notre destin Les fées de la forêt Protégeaient nos enfants Nourrissaient notre chair Sans effusion de sang Près de vingt ans après Des tueurs sont arrivés Habillés comme des bêtes Pour poser des collets Alors nous avons cru Qu’ils étaient comme nous Mordus par la nature Habités par les loups Près de vingt ans après En remontant la piste Les herbes avaient fondu Les pierres étaient tondues Les hommes avaient piégé Les animaux sacrés Ils ont empoisonné Le cercle de l’amitié Alors il faudra faire Et il faudra faire vite Pour retrouver la foudre Ressusciter le loup ! Alors il faudra faire Et il faudra faire vite Pour retrouver la foudre Ressusciter le loup !
Coup d’Etat de la Jeunesse
Engage-toi, réengage-toi Sur tous les fronts, tous les combats Oh défend-toi, affirme-toi Sur les traces de Che Guevara Prends le maquis dans ta cité Ne te laisse plus terroriser Prends le contrôle de ton usine Regarde un peu pour qui tu trimes Rebelle-toi, révolte-toi Pour éviter tous les coups bas Organise-toi et soulève-toi Comme les indiens du Chiapas Prend le maquis dans ta province Pour lutter contre les injustices Attaquer le donjon des princes Prend le contrôle de ta « life » Engage-toi, réengage-toi Sur tous les fronts, tous les combats Prépare-toi, entraîne-toi Car le grand soir arrivera A Moscou, Berlin ou Pékin Où l’on te traite comme un chien Révolution alter-mondiale Contre le marché aux esclaves !
Dans un rêve flamboyant
Dans un rêve flamboyant Tu as vu le tourment De ce monde décadent Qui croit au développement Dans un rêve flamboyant Tu as vu le tourment De ce monde indécent Qui respire comme il ment Dans un rêve noir et blanc Tu perdais tout ton sang Dans une bataille perdue Tu me disais : « Oui, c’est foutu » Le progrès, le profit A volé tant de vies Et les nouveaux messies Nous plongent dans la nuit Revenir à l’âge de pierre Comme le guerrier maudit Qui boit du thé vert Dans une grotte ou un abri Ou mourir tout là haut Dans la tour de verre Des maîtres du chaos Qui imposent la guerre Des maîtres du chaos Qui imposent la guerre Développement des misères Enfantement des cancers Continuité des guerres Dans un rêve flamboyant
Love in Laos
You’ve discovered your sexuality You’ve performed your ambiguity Girls with girls, boys with boys Boys and girls, reciprocity You have played too much - electricity Just like the Mekong - elasticity Burning down alone - right in the city Crying your eyes out - for your liberty You have discovered sensual pagodas You’ve played here a personal drama Still looking for the last enigma To reach the nude and beautiful lova You’ve told me that you have changed A new life here with a love challenge You will found here your sexuality You have changed your identity Tu as découvert ta sexualité Tu as mis en œuvre toutes les ambiguïtés Filles et filles, boys and boys Garçons ou filles, réciprocité Oh tu as trop joué - électricité Comme le Mékong - élasticité Mon cœur a brûlé - au cœur de la cité En quelques secondes - nous nous sommes noyés Tu as découvert les pagodes sensuelles Et tu as joué ici un drame personnel Tu cherches encore la dernière énigme Oh, qui te donnera la clé de l’amour nu Tu m’avais dit que tu avais changé Pour une nouvelle vie, un nouveau challenge Que tu trouveras ici ta sexualité Déjà modifié, ton identité Beautiful girls / Electricité Sensual pagodas / Elasticité Reciprocity / Transexualité Mekong drama / Quelle identité ? Beautiful girls / Love in Laos Sensual pagodas / Love in Laos Reciprocity / Love in Laos Mekong drama / Love in chaos

Photo : Lola
ESB (Empire State Bulldog)
Ton arrogance démesurée te plonge dans le chaos Ta liberté mythifiée ne peut masquer tes escrocs Ton système libéral est un apartheid social Tes prisons regorgent d’anges aux figures sales Ta richesse et ta puissance n’ont rien de la providence Tes malfrats de la finance imposent leurs manigances Tes opérations de guerre foutent le monde en l’air Néo-conservateurs, ministère de la Terreur Amérique interdite et chaise électrique Body building mercantile, obésité chronique Prise de territoire, massacre des Indiens Tes citoyens noirs valent moins que des chiens Liberté d’emprisonner : je suis emprisonné ! Liberté d’empoisonner : je suis empoisonné ! Liberté de s’armer : oui, je suis armé ! Liberté de tuer : et je vais te tuer !
L’Enfant Bleu
Dans le creux de ta main Se terre un enfant bleu Tout au fond de mon cœur Surgit l’amande de tes yeux Assise sur le vide Ton esprit reste nuageux Pour l’enfant qui va naître La terre sera-t-elle ferme ? As-tu bien réfléchi Au sens de la vie ? Si la vie a un sens Dans quel sens va ta vie ? Si la pluie a un son Dans quelle gamme joue-t-elle ? Si le soleil est feu De quoi se nourrit-il ? Machines et danses de guerre Aux quatre coins de la terre Violences, meurtres et misères A l’échelle planétaire Arrogance médiatique Multiplication des paniques Eh, l’enfant qui va naître Reste dans le désert Protège-le, c’est l’enfant bleu

Photo : Neonyme
La Pluie
La pluie lave tout Même les infortunes La pluie nettoie tout Les amours déçus Elle tombe en rideau A la fin de l’été Sur les cœurs les plus chauds Pour les consolerLa pluie lave tout Même les histoires tristes Les drames les plus fous Rien en lui résiste Elle tombe en rideau Sur les champs assoiffés Elle inonde les radeaux Des amants crucifiés La pluie frappe d’un coup Le voleur de passion Elle assomme le fou Les esprits en fusion Elle envoie ses cordes Aux pendus qui bandent Elle inonde les corps Qu’on lui fait en offrande La pluie lave tout Même les infortunes La pluie nettoie tout Les amours déçus Elle tombe en rideau A la fin de l’été Sur les corps les plus beaux Pour les tuméfier La pluie a noyé Le village isolé Elle a emporté Tous les nouveaux nés La pluie a formé Les torrents boueux A l’image de ceux Qui ont tué les arbres Il pleut comme il pleure Sur la ville et les gens Les ruelles se gonflent Et deviennent torrent Il pleut et on meurt Sur la terre gorgée d’eau Le tonnerre qui ronfle Devient rire dément La pluie frappe d’un coup Le voleur de passion Elle assomme le fou Les esprits en fusion Elle envoie ses cordes Aux pendus qui bandent Elle inonde les corps Qu’on lui fait en offrande...
On en a marre
On en a marre d’bouffer d’la merde De leurs sodas, de leurs burgers On ne veut pas devenir obèses Être dégoulinant de peur On en a marre des « va-t-en guerre » De leurs supers chars militaires On ne veut pas de leurs avions Bombers experts en destruction ! On en a marre des injustices Et des embrouilles de la police On ne veut pas être punis Rester soumis toute la vie On en a marre des dictatures Des tyrans qui ont la peau dure Des spécialistes de la torture On en a marre de ces ordures ! On en marre des emmerdeurs Des crimes des carni-violeurs Du dictat des publici-tueurs On en marre de ces polleurs ! On en marre des promoteurs Des ordres des ordinateurs Des prêches des prédicateurs On en marre de ces branleurs !
La fille du Delta
Toi la fille du delta Cô gai dông bang song Cuu long oi Tu as su ranimé ma joie Par tes rires aux éclats Ce n’est peut être pas un hasard Si l’on s’est croisé ce soir là Dans ce lieu au goût de nulle part Un café « dac » comme un trou noir J’ai entendu les mots « Viêt-Nam » Alors mon cœur n’a fait qu’un tour En écoutant ta drôle d’histoire Et en suivant ton regard lourd Oh, j’ai cru voir un soleil choir Sur ton sourire percé de larmes Oui, j’ai cru voir un peu d’espoir Dans la prunelle de tes yeux parme Alors je suis allé chez toi Sur les pas de tes ancêtres Tout au cœur du delta Offrir l’encens aux tablettes Oui, j’ai compris pourquoi Vi anh da hiêu tai sao Les humeurs étranges du ciel Donnent le parfum à la terre Oui, oui, oui, j’ai compris pourquoi Yeah yeah yeah, pour la première fois La terre a le parfum du ciel Et le ciel a un goût de terre
Vi anh da hiêu tai sao = Parce que j’ai compris pourquoi
Cô gai dông bang song Cuu long oi = Fille du delta du Mékong (fleuve aux 9 dragons)
Liberté
Nos peuples et nos régions Laissés à l’abandon Nos cultures, nos chansons Ne veulent pas de prisons Notre chair, notre terre Abîmées par les guerres Toutes nos sœurs, tous nos frères Ne veulent plus se taire Révolutionnaires ! Nos montagnes, nos vallées Ecorchées et polluées Notre cœur, nos fiertés Comme électrocutés, électrocutés ! Tous nos pleurs, nos souffrances Notre vie, notre errance Toutes nos peurs, nos galères Ne veulent plus de misère Oui, assez de misère ! Rendez-nous notre terre Rendez-nous nos forêts Rendez-nous nos mers Respectez nos prières Rendez-nous notre loup Rendez-nous notre fou Redressons-nous debout Atmosphère, atroce sphère

Sur la Piste Inconnue
Tu es parti un beau matin Chercher les clefs de ton destin Sur une piste aux herbes folles Guidé par des vapeurs d’alcool A la recherche d’un idéal Une mise en scène théâtrale Incarné dans le signe astral Magie d’un hiver boréal Oh, tu suivras la côte de Jade Jusqu’à la porte des 200 tigres Et tu partiras tout là-bas Rejoindre le golfe de l’Empire Tu verras les pics de calcaires Les falaises brisées sur la mer Les oriflammes des absents Les pagodons, couleur d’encens Au bout de ce très long voyage Personne ne pouvait dire ton âge La peur dessinait les visages Alors tu as pleuré de rage Et tu es revenu sur tes pas De quelque chose qu’existe pas Très loin de tous les sentiers battus Sur les traces des rêves perdus Au bout de ce très long voyage Tu semblais ne plus avoir d’âge Partir aux quatre points cardinaux Et revenir en homme de trop Tu es retourné sur les pas De quelque chose qu’existe pas D’un lieu qui ne se raconte pas Qui n’apparaît sur aucune carte
Quelque part
Il reste quelque part Une mère, un enfant Une perle de nacre Qui brille et qui t’attend Il reste quelque part Le voyageur d’un soir Un très vieux maquisard Qui viendra sous le vent Il reste quelque part Peut-on encore y croire Une révolution Qui t’emporte sans façon Il reste quelque part Cette lueur d’espoir Un drapeau rouge et noir Un nouveau territoire Il reste quelque part Sur une île lointaine Un sourire aux dents noires Qui t’accueillera Il reste quelque part Ce royaume interdit Cette terre sauvage Qui te prête ses fruits Il reste quelque part Un être humain tout simple Une âme, une chair vierges Un sang rouge et clair ? Il reste quelque part Cette femme qui t’attend Sans penser à rien Ni au mal ni au bien
Folklore de la Zone Mondiale remercie tout ceux qui de près ou de loin nous épaulent et nous soutiennent, à ceux qui ont parcouru un bout de chemin avec nous et à ceux qui sont là depuis le début. Merci aux lieux (légaux ou illégaux), aux radios (respect total à radio libertaire, canuts, beton et campus troyes), aux fanzines encore en vie, aux journaux pas encore morts, aux collectifs, aux combattants pour la liberté, aux groupes DIY, aux insoumis, aux labels autogestionnaires et à tous les individu-e-s qui forment le mouv’ment d’la jeunesse du 21è siècle, ne lachez pas l’affaire, l’histoire continue.
Salutations à abFab et sa webradio itinérante, à Nico "Aire du Temps", à la pimpante Taga et ses copines Lucile Roudoudou et Cha (ta bière merde !), à Akro pour son soutien technique sans faille, à Safwan BxR, aux agité-e-s de CQFD, à Mes Dragons et leur Glorinette, à l’équipe de choc d’Astropolis, à Arno Bolchoi, à Nono le Hool’s l’artiste américain, à Baptiste "Patchanka", aux Guarapiteux, à Bob et son vrai-rhum, à Ben & Barbara & Yann "Pour ma Classe", à Barbie et (Ken)Eddy, à Ben UVPR, à Ben Trauma, à Bibi Konstroy, à Bibo & Caro "Contre Attaques". A Georges le Belge, à Laurent l’Isérois, à Pascal et Karine les Parisiens, à Gilles le banlieusard et à Valérie : Merci pour votre gentillesse ! A Seb "vive le feu !", aux amis de Regarde à Vue et Canal Ti Zef, aux Casseurs de Pub, à Cédric et Cyrille "HP", aux forumeurs : Chapouc, Ladytoxine, Jihen, KnowDwarf, Rafaeou, Eagle, Mickael (de rouen), Pample, Foutredieu, Trifaze, Polo, YvYv, Mimic, Prisunic, Cedrix, Sick Bastard, Renard, Alita, Kang Chien, François Guibert, Angkor, Kiwi, Dada, Paysou, Han Solo... et j’en oublie ! A Chester, à DaffyDoc et son forum, a Daniel Cheribibi(te), à David et sa plume (noire), à Jean Sé du Kanivo, à Nath et les Zygo, à Propagande pour l’hébergement alternatif, à Flox et Reno, aux glorieux Malokistes, à Tof Phase Terminale, aux enfumés de l’Extreme Onction, à Fred Alpi, au collectif HNS, à Fred Loridant, à Lustucrate Meulk, à Gawelle, au réseau No Pasaran, à Gilles Haine Brigade, à Guillemette et Rose "Des Chips et du Rock", aux ptits gars d’HHM et aux filles de Spray Back (et vice et versa), à l’Hexazone, à Médé & les Houlalas !, aux J’aurais Voulu, à JeanJean, à la Lefdup corporation, à Jesse Anger, au Medef(Inna Babybel), à Simon & Marianka et leur Raïa, à MarKo, à Lola & Amata pour leur sourire, à la Reverberation Team, à Luconzeweb, à Macario et Stanley Kubi, à Marcor, à Marsu, à Mathieu et aux Partisans, à Niko Punkahontas, aux enfermés et à l’ABC, aux boyz de la Luna, à Pustule, à Remi W-Fenec, à Reveulzine, à Calavera (oue oue), Romain, Mina et Nergal, à Roland Cros et ses yeux, à Spirouette, aux Deserteurs, à Yanic et à Philippe, à Silvan
Aux enfants qui arrivent. A ceux qui grandissent. Yes futur.